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Une avancée progressive dans l'affaire Société Générale

Auditionné ce week-end pour fraude et détournement de fonds, Jérôme Kerviel tente de s’expliquer par l’intermédiaire de ses deux avocats : maîtres Elizabeth Meyer et Christian Charrière-Bournazel. Actuellement en garde à vue, le trader met en lumière les défaillances d’un système qui a laissé la porte ouverte à la fraude. Revue de détails.

Selon les premières déclarations du présumé coupable, ses avocats affirment que le jeune homme nie tout délit et déclare n'avoir fait que son travail. Il est prêt à pleinement coopérer pour faire avancer l’enquête qui le lie à l’affaire. Malheureusement, les dirigeants du plus gros groupe mondial évoquent le contraire en affirmant que le trader est le seul responsable de la perte de 4,9 milliards d’euros.

Le parquet espère résoudre l’affaire rapidement en rappelant que le trader "s'explique de manière très intéressante. Ça progresse bien et dans de bonnes conditions", a déclaré aux journalistes Jean-Michel Aldebert, chef de la section financière du parquet.

Rappel des faits
Le travail de Jérôme Kerviel consistait à vendre d’un côté des contrats à terme portant sur la valeur des principaux indices boursiers européens, de l’autre, à acheter les actions qui composent les indices. En janvier, il a ainsi pris des positions sur trois indices (l’Eurostoxx, le Dax à Francfort et le Footsie à Londres), sans acheter les actions liées à ces indices. Mais il s’est couvert avec des opérations fictives. Du coup, personne ne s’est rendu compte du risque pris.

Le trader a réussi à "déjouer successivement tous les contrôles permettant à la banque de vérifier les caractéristiques et la réalité des opérations initiées par ses opérateurs", explique la Société générale. Kerviel s’est ainsi servi de sa connaissance des procédures de contrôle acquises à son poste précédent, au middle-office, le service qui contrôle les traders. Il aurait conservé ses codes informatiques de l’époque et se connectait en tant que membre du middle-office. Il a ainsi créé à l’intérieur du système informatique de la Société générale de fausses contreparties, autrement dit de faux clients. Kerviel entrait aussi dans le système pour annuler certaines de ses opérations. Enfin, pour ne pas attirer l’attention, il choisissait des opérations très spécifiques "qui ne nécessitaient pas d’envoi de confirmation immédiat", toujours selon la banque.

Toutes les bonnes choses ont une fin
Le 14 janvier, le service des risques se rend compte que les opérations enregistrées sont censées avoir pour contrepartie une banque. Le montant est énorme et le mail de confirmation envoyé par le trader paraît suspect. Le vendredi 18 janvier, une équipe d’investigation est mise en place. Le samedi, la banque censée être "contrepartie" est contactée et nie toutes opérations passées. Le soir même Jérôme Kerviel se présente spontanément aux autorités et reconnaît les malversations.

Les suites
Ce matin, deux options sont ouvertes, sa remise en liberté si aucune charge n'est retenue ou, plus vraisemblablement, sa présentation à un juge d'instruction. Il pourrait être mis en examen, mesure qui peut être assortie d'un placement en détention ou sous contrôle judiciaire.

Le parquet de Paris travaille sur la base de deux plaintes : l'une contre "X" déposée par un petit porteur de la banque, l'autre émanant de la direction de la Société générale et visant nommément Jérôme Kerviel. La première plainte concerne les faits d'"abus de confiance, escroquerie, faux, usage de faux". La seconde a été déposée pour "faux en écritures de banque, usage de faux en écritures de banque" et intrusion informatique.

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