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Violée à 9 ans, excommuniée pour avoir avorté

Décidément, l'Eglise catholique n'a pas fini de faire parler d'elle... Après une affaire de négationnisme dans les rangs de l'Eglise, c'est une affaire de viols et d'avortement qui défraye la chronique, au Brésil cette fois.

Les faits

Une fillette de neuf ans se plaint de maux de ventre. Sa mère finit par découvrir qu'elle est enceinte de jumeaux. A force de questions, la petite fille avoue les viols répétés de son beau-père, et ce depuis l'âge de 6 ans. Ce qui, selon les médecins, a provoqué cette fécondité précoce. Par la suite, l'homme incriminé aurait même admis avoir également abusé sexuellement de sa soeur aîné, âgée aujourd'hui de 14 ans.

Au Brésil, l'avortement est totalement illégal sauf en cas de viol ou de mise en danger de la future maman. Pourtant, la mère de la petite fille, avec l'avis des médecins, a autorisé l'interruption de la grossesse. Selon l'équipe médicale qui s'en est occupé "dans ce cas, l’avortement était légal. Elle a été violée et sa vie était en danger." Et en effet, la jeune brésilienne est frêle (1m33 pour une trentaine de kilos) et n'aurait sans doute pas supporté physiquement d'accoucher de deux bébés, sans parler des effets psychologiques qui auraient suivi.

La réaction du Vatican

Malheureusement les affaires de viols sur mineurs dans leur propre cercle familial ne surprennent plus autant qu'elles le devraient. En revanche, c'est la réaction de l'Eglise et du Vatican qui déchaîne les passions. A la suite de cet avortement, l'Eglise catholique, condamnant ce geste, a décidé d'excommunier la petite brésilienne, sa mère ainsi que toute l'équipe médicale ayant participé à l'avortement, soutenant que "les jumeaux qu'elle portait avaient le droit de vivre". Le pire étant que le Vatican a décidé d'approuver sans mesure cette décision incroyable de l'archevêque brésilien. Le violeur, quant à lui, plus "chanceux", ne semble pas faire partie du lot d'excommuniés, puisqu'il semblerait que le viol soit moins grave que l'avortement...

L'apostasie, réaction sanction ?

Au Brésil, c'est l'incompréhension totale jusque dans les rangs du gouvernement qui tente de dépénaliser l'IVG. Le président, Luiz Inacio Lula da Silva, lui-même, s'est révolté contre une telle action. Selon lui dans un cas tel que celui de la fillette "les lois de la médecine sont au-dessus des lois de l’Eglise".

Qui s'étonnera donc encore que l'Eglise catholique perde chaque année des adeptes quand face aux problèmes de notre société du XXIème siècle, elle oppose des mesures dignes du Moyen Âge ? D'après des experts en questions religieuses, on y compte 1% de fidèles en moins année après année.

En Argentine, le peintre Léon Ferrari aurait même dernièrement renié publiquement son baptême en déclarant que: "Le christianisme rend intolérant. Il n'accepte pas la différence.", entraînant ainsi dans son sillon des centaines de croyants, prêts à leur tour à faire campagne pour l'apostasie.

Photo : g1.globo.com

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